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La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James)

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MessageSujet: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Ven 22 Juil - 2:11



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


"Qu’est cet homme ? Un monceau de maladies qui, par l’esprit, agissent sur le monde extérieur : c’est là qu’elles veulent leur butin. Qu’est cet homme ? Une grappe de serpents sauvages entrelacés, qui rarement se supportent tranquillement–alors ils s’en vont, chacun de son côté, pour chercher leur butin de par le monde. Voyez ce pauvre corps ! Ses souffrances et ses désirs, sa pauvre âme essaya de les comprendre, – elle crut qu’ils étaient le plaisir et l’envie criminelle d’atteindre le bonheur du couteau. Celui qui tombe malade maintenant est surpris par le mal qui est le mal de ce moment : il veut faire souffrir avec ce qui le fait souffrir. Mais il y a eu d’autres temps, il y a eu un autre bien et un autre mal. Autrefois le doute et l’ambition personnelle étaient des crimes. Alors le malade devenait hérétique et sorcier ; comme hérétique et comme sorcier il souffrait et voulait faire souffrir."

Assis à une table, un café devant moi, ignorant le brouhaha de la populace qui squattait le starbuck, j'étais là et j'avais mon sombre regard rivé sur les pages d'un livre qui n'était pas mon préféré mais avait néanmoins sa place dans ma bibliothèque personnelle. "Ainsi parlait Zarathoustra" était une œuvre riche en figures philosophico-poétiques, écrit par Friedrich Nietzsche. Je vous épargnerez les détails sur le sujet qui seraient trop difficile à comprendre pour les cervelets à taille protozoaire tels que les votre, mais j'avais un goût prononcé pour ce genre de lecture qui était l'un des moyens les plus efficaces pour connaître par coeur la race humaine et pouvoir ainsi, plus facilement, la manipuler à souhait.

Je ne pouvais oublier le désastre sonore autour de moi qu'en me concentrant dans une lecture passionnante. Et regarder les pages d'un bouquin m'empêchait également de voir malgré moi la vermine qui se rendait ici. Ne pensons pas au sujet qui fâchait. Poursuivons la lecture en cette journée du jeudi.

"Mais vous ne voulez pas m’entendre : ce serait nuisible pour ceux d’entre vous qui sont bons, dites-vous. Mais que m’importe vos hommes bons ! Chez vos hommes bons, il y a bien des choses qui me dégoûtent et ce n’est vraiment pas le mal. Je voudrais qu’ils aient une folie dont ils périssent comme ce pâle criminel ! Vraiment, je voudrais que cette folie s’appelât vérité, ou fidélité, ou justice : mais leur vertu consiste à vivre longtemps dans un misérable contentement de soi. Je suis un garde-fou au bord du fleuve : que celui qui peut me saisir me saisisse ! Je ne suis pas votre béquille."



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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Mar 26 Juil - 0:49

La haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister.
We are each our own devil, and we make this world our hell.


Un café. Je veux juste un café. Arrête de sourire bêtement et donne-moi mon café. Je ne demande pas grand-chose là, bordel. Je donne mon nom à la serveuse en retenant un soupir de dépit, et envisage sérieusement de finir ma nuit dans la file d’attente, ou de me servir tout seul, avant de pouvoir récupérer ce que je suis venu chercher. Pourtant j’ai doublé tout le monde pour ne pas avoir à attendre deux heures, c’est tout de même fou que ces abrutis ne fassent pas leur travail correctement. Bon. Restons calme. Au moins, j’ai mon café. Maintenant, partir avant de le renverser sur quelqu’un. La foule ne me dérange pas plus que ça, les cris des gamins, beaucoup plus. Quelle idée d’emmener ses gosses au Starbucks. Restez chez vous, assumez. Où est passé le « ma liberté s’arrête où commence celle des autres », au juste ? C’était la peine de nous apprendre ça, tiens. Ils auraient pu ajouter « sauf si vous vous reproduisez, à ce moment là vous êtes les rois du monde et personne ne peut rien vous dire ». Et encore, j’ai eu l’intelligence d’enfoncer des écouteurs dans mes oreilles avant d’entrer, je n’imagine même pas le bruit qu’il doit y avoir sans ça.

J’étais bien parti pour m’en aller loin de ce capharnaüm, quand une vision me stoppa net dans mon élan. Ah, je deviens fou. Je ferme les yeux quelques secondes, pour les rouvrir sur la même personne. Hm. Est-ce-que c’est une hallucination ? Ca m’étonnerait, je n’ai pas plus abusé que ça sur les pilules, pourtant. Mais qu’est-ce qu’il ferait à Sacramento ? Bon. Je suppose que ça peut valoir le coup de subir ce bruit, s’il est réel. Je me rapproche de lui, et jette un œil au livre dans lequel il a l’air profondément plongé. Ainsi parlait Zarathoustra. Tiens. Certaines personnes doivent s’ennuyer encore plus que moi. « Arrête tout, j’ai entendu ton appel à l’aide et je suis venu te sauver. » Ainsi parlait Zarathoustra. Non mais je vous jure, il y a des gens qu’il vaut mieux ne pas laisser seuls, sinon ils se perdent dans des lectures absurdes. Non pas que ce soit une mauvaise lecture, mais disons que ce n’est pas l’idéal pour échapper au bruit. Pas quelque chose qu’on lit en buvant un café au Starbucks alors qu’on est si proche de la rentrée, scolaire, quoi. Je finis par pouvoir voir le visage de mon interlocuteur, et un sourire amusé naît sur mes lèvres presque aussitôt. J’avais donc raison. « Ca change de New York, hein ? » Sans vraiment lui laisser le temps de m’envoyer bouler, je prends place juste en face de lui en retirant mes écouteurs. S’il y a quelque chose à faire avec un Silver qui se retire volontairement de la planète terre, c’est ne pas lui laisser le temps de te dire qu’il ne veut pas y revenir. Oh, le bruit. J’avais presque oublié le bruit. « Alors on ne prévient pas quand on traverse le pays pour me voir, maintenant ? » Oui, bon, un peu d’ironie n’a jamais fait de mal à personne. Je me demande si depuis que je suis arrivé à Sacramento, j’ai eu des nouvelles de lui, tiens. Je ne crois pas. Deux ans. Il doit s’en passer des choses, en deux ans. « Ton intelligence exceptionnelle n’était pas à la hauteur pour toutes les autres universités, c’est ça ? Ca valait la peine d’être le meilleur. » Il n’y a rien de plus agréable que de taquiner une vieille connaissance croisée à l’improviste. Je joue avec ma tasse de café en attendant qu’il refroidisse, en lisant en diagonale les quelques lignes que je peux apercevoir de son livre, et quelque chose me dit que l’année à venir risque d’être beaucoup moins ennuyeuse que les deux autres. Si Silver est en ville, au moins, ça peut promettre quelques divertissements très intéressants. Enfin une bonne nouvelle.
acidbrain
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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Mar 26 Juil - 22:50



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


"Voici les phtisiques de l’âme : à peine sont-ils nés qu’ils commencent déjà à mourir, et ils aspirent aux doctrines de la fatigue et du renoncement. Ils aimeraient à être morts et nous devons sanctifier leur volonté ! Gardons-nous de ressusciter ces morts et d’endommager ces cercueils vivants. S’ils rencontrent un malade ou bien un vieillard, ou bien encore un cadavre, ils disent de suite « la vie est réfutée » ! Mais eux seuls sont réfutés, ainsi que leur regard qui ne voit qu’un seul aspect de l’existence. Enveloppés d’épaisse mélancolie, et avides des petits hasards qui apportent la mort : ainsi ils attendent en serrant les d..."

« Arrête tout, j’ai entendu ton appel à l’aide et je suis venu te sauver. » surgit alors un son, un parasite sonore parmi tant d'autres ici.

Je me stoppais. J'ignorais pourquoi, mais j'avais la désagréable sensation que cet appel m'était, hélas, destiné. Mes yeux sortirent d'entre les lignes, interrompant ma lecture à contre coeur. Je pense que je n'avais pas le choix pour la peine. Mon regard se dévia alors sur l'individu responsable de la destruction de ma tranquillité. Je le détaillais du regard, rapidement, et un nom apparu en gros plan : James Carroll. Sur mon visage, je conservais la mine neutre, pour ne pas trop lui conférer d'intérêt. Ce serait trop beau pour lui. Néanmoins, j'étais, dans les rouages de mon esprit, étrangement surpris de le voir. Voilà un bon bout de temps que je n'avais vu cette sale tête dans mon sillage. Et pour cause, nous nous étions connu à New-York et n'avaient pas, à l'époque, pour ambition de vivre ailleurs. Je suppose qu'il venait de réagir à ma présence qu'il ne semblait pas avoir prévu en arrivant ici. Il étira un sourire que je ne lui rendis pas. Pas pour l'instant.

« Ca change de New York, hein ? » ajouta-t-il.

Il ne perdit pas de temps à prendre place à ma table sans que j'ai pris le soin au préalable de l'invité. Mais je connaissais la bête qui avait toujours était du genre sans gêne et me contenta de le suivre du regard avant de répondre :

- Pas vraiment, répondis-je paisiblement, je viens d'obtenir la preuve que la vermine est partout où que j'ailles.

Je faisais tout naturellement allusion à James. Quoi que je pouvais tout autant faire allusion à moi. Ni moi ni le garçon face à moi n'étions des enfants de coeur et chacun de nous y était au courant. Qu'il le prenne en insulte ou en honneur ne m'inspirait aucun intérêt. Je me contentais de citer les faits.

« Alors on ne prévient pas quand on traverse le pays pour me voir, maintenant ? » poursuivit-il par la suite.

Disons que je n'étais pas au courant qu'il se trouvait à Sacramento et jamais je ne me serais donné autant de peine pour voir sa tête à claque. Cela dit, ce n'était pas désagréable de voir un visage familier, un individu avec un neurone de plus que les autres. Sachant que ma lecture était gâchée pour de bon, je refermais le livre avant de planter mes iris dans les siens.

- Et même si c'était le cas, penses-tu bien que j'aurais justement pris la peine de ne pas te prévenir, répondis-je alors.

Je lui lançais un regard plutôt froid. Une forme de communication plutôt efficace avec moi, les jeux de regards. Celui-là répondait à la taquinerie primitive de James dont les lamentables remarques désobligeantes à mon sujets ne m'avaient pas manqué d'un poil. Je ne l'agressais pas néanmoins, je parlais toujours calmement, mais j'imposais dès lors par ma présence une sorte de dominance afin de mettre les points sur les i. Il me connaissait tout autant que je le connaissais et si mon coeur ne s'emballait pas de joie comme un chien joyeux qui avait attendu le retour de son maître, je devais reconnaître que ce crétin était déjà plus attractif que toutes les mauvaises âmes pitoyables dont j'avais eu la malchance de faire connaissance dans cette ville. Il était bien difficile de me cacher des choses. Je lisais des livres, je lisais également des gens. La facilité était la même. Et je pouvais même prévoir. Ca relevait de l'évidence. Tout comme je pouvais prévoir qu'avec lui au moins dans les parages, mon quotidien pourrait voir naître de nouveaux jours plus appréciables.

« Ton intelligence exceptionnelle n’était pas à la hauteur pour toutes les autres universités, c’est ça ? Ca valait la peine d’être le meilleur. »

Je ne voyais pas les choses de cette façon. A cause des psy, j'avais été refusé des meilleures universités, mais mon intelligence restait la même. Mettre quelqu'un de mon niveau dans une école de bas étage revenait à caser un dieu parmi les insectes. Du coup, je me sentais relativement bien. Car je me sentais au dessus de la pacotille. Que voulez-vous ? Je m'adaptais à toutes les situations possibles. Puisque je n'avais pas pu satisfaire mon ego dans une école de prestige, alors je trouvais un moyen de le faire dans un bahut miséreux.

- Je ne suis le meilleur que pour moi-même, lui dis-je alors, et pour la déchéance d'autrui. Je suis peut-être à Monroe contre mon gré mais je saurais en tirer la meilleure part.

Il ne fallait pas vous méprendre malgré la promiscuité qui s'était établi entre nous deux. James n'était pas un ami pour moi. Je n'avais pas d'ami et je n'en aurais jamais. Ceux qui le croyaient entraient dans mon ombre et mon pouvoir, tout simplement.

- Et toi alors ? finis-je par demander, qu'est-ce que tu traînes dans le coin ? Tu es bien loin de New-York également.

Mes yeux restèrent figés sur lui. Ils lui lancèrent une étrange lueur communicative qui semblait lui demander autant d'indication que possible sur sa présence ici.


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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Jeu 4 Aoû - 17:09

La haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister.
We are each our own devil, and we make this world our hell.


« Pas vraiment, je viens d’obtenir la preuve que la vermine est partout où que j’ailles. » C’est fou d’aimer si peu les êtres humains, et de s’entêter quand même à rester au milieu d’eux. Je veux dire, si je détestais tout le monde autant que Silver le fait, je ne sortirai probablement jamais de chez moi, et le problème serait réglé, plutôt que de décider de m’installer pour lire dans un des endroits les plus peuplés de la ville. La logique des autres est absurde, parfois. Oh, j’ai bien conscience que dans le cas présent il parle de moi, mais bon, ce n’est pas comme si Silver pouvait me vexer, il y a des chances pour qu’il soit pire que moi. « Et même si c’était le cas, penses-tu bien que j’aurais justement pris la peine de ne pas te prévenir. » Je revenais soutenir son regard froid, et mon sourire ne fit que s’agrandir. Ce type a tout de même un gros complexe de supériorité. Je me demande comment il réagirait, s’il comprenait qu’au final, il est comme tous les autres, juste un poil plus amusant. Son monde s’écroulerait probablement. Je ne suis pas sûr que cet espèce de besoin de domination partirait pour autant, ceci dit. Ca, ça doit faire partie intégrante de ce qu’il est. J’aurais presque envie d’entrer dans son jeu, pour voir si ça l’énerve, de perdre le contrôle, mais je ne suis pas sûr de réussir à briser sa confiance en lui. C’est de l’acier, un peu. Je peux briser beaucoup de choses, mais Silver, ça prendrait probablement des années, et je n’ai pas des années à perdre. Même si ce serait amusant, comme but. Je vais le garder dans un coin de ma tête, tiens. « Ton romantisme m’épate. » Nos jets de fausses discussions cordiales m’avaient presque manqués, tiens, je crois. N’importe qui aurait probablement pu penser qu’on se détestait, à nous entendre, mais au final ce n’était rien de plus qu’une petite distraction.

« Je ne suis le meilleur que pour moi-même, et pour la déchéance d’autrui. Je suis peut-être à Monroe contre mon gré mais je saurais en tirer la meilleure part. » Un léger rire m’échappe. « Ton égo est tellement surdimensionné qu’un beau jour, tu vas réaliser que t’es une merde, et tu vas exploser. » J’avais failli oublier à quel point il m’amusait, avec le temps. Sa manière de penser et de se comporter est tellement à contre-courant que le simple fait qu’il soit encore en vie est un exploit. L’avantage de cet égo, c’est que le risque que je le vexe frôle le zéro absolu, puisque les autres ne sont que des fourmis à ses yeux. « Et toi alors ? Qu’est ce que tu traînes dans le coin ? Tu es bien loin de New York également. » J’hausse légèrement les épaules en captant son regard. « Je te fuyais parce que je suis fou amoureux de toi, mais le destin en a décidé autrement, visiblement. » Et puis j’étais obligé d’aller à l’université, aussi, alors puisque je n’ai appris ça qu’à la fin du lycée, je n’avais pas vraiment le choix. Mais c’est tellement moins amusant que la théorie de « j’ai fui mon amour pour toi », après tout. Et puis, ce n’est pas comme si ma réponse aurait eu une quelconque importance, ou comme si je tenais à ce qu’il connaisse ma vie. « Tu te fais pas chier, à force ? Je veux dire, les autres sont des insectes, tout ça, c’est bien mignon, mais quel est l’intérêt de gouverner des insectes ? Si t’as personne qui est « digne » d’être ton égal, t’es tout seul, et tout seul, on s’emmerde. » Je fouillais mes poches à la recherche d’une pilule, comme si mon horloge interne avait allumé une alarme pour me dire que c’était le moment, et replantais mon regard dans le sien après l’avoir pris. Vous croyez que c’est vrai, qu’on est censés voir l’âme des gens dans leurs yeux ? Je trouve cette idée un peu ridicule. Ce n’est rien de plus que deux ronds humides plantés dans des orbites, après tout. Mais le regard de Silver est froid. Calme, mais froid. Comme lui, en somme, je suppose. « Ca ne fait pas longtemps que tu es arrivé, alors, je suppose. Papa et maman ne te manquent pas trop ? » Je détache mon regard du sien pour le poser sur un enfant qui s’est mis à pleurer, et un soupir m’échappe presque aussitôt. On avait dit, gardez vos gosses enfermés. « Un génocide de moins de douze ans. C’est ça qu’on devrait faire, en prochaine étape. On les crame tous. Au moins tous ceux de Sacramento. Comme ça on sera capables de boire des cafés tranquillement. » Puisque j’ai fais en sortes que ma voix s’élève suffisamment à ma dernière phrase pour atteindre les oreilles de la mère de l’enfant capricieux, mon regard croise le sien avant qu’elle n’essaie de le calmer en s’outrant du « manque de respect des gens ». Voilà, on le fait taire, merci bien. Il n’empêche qu’un génocide, dans ces moments là, ce serait une bonne idée. Un service à rendre à la planète. Je récupère mon café en retournant mon attention vers le brun, et je souris légèrement, amusé, en réalisant qu’il a toujours plus ou moins la même expression faciale. « Un petit sourire, ça te tuerait ? »
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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Sam 6 Aoû - 0:25



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


Moi même je devais avouer que j'ignorais pourquoi je détestais tant les humains et prenais un agréable plaisir à les voir ramper dans leur merde. En général, je me contente de me dire qu'il faut de tout pour faire un monde, même des pires scélérats possible. Et pourtant, dites-vous bien que je suis quand même au courant d'appartenir à cette espèce putride. Et pourtant, je me sentais bien dans ma peau. Je m'y sentais bien tant que je pouvais me servir de mon appartenance à cette race déplaisante pour l'envoyer chier autant que possible. Pour résumer, je prenais plaisir à haïr le monde et à être haïr. Etrange ? Dites-vous bien également que ce n'était qu'un début. A chacun sa manière de s'amuser ici bas. La mienne consistait en gros à priver autrui de tout amusement. Je veillais toujours à ce que James, ou tout autre connaissance un minimum proche de moi, le garde bien à l'esprit. Ces gens là, aussi peu nombreux étaient-ils, avaient tout de même certains privilèges à me côtoyer sans subir de dégât. Cela prouvait que j'avais un minimum de sociabilité non ? Non ? Bah.

« Ton romantisme m’épate. » répondit le garçon devant moi qui venait d'agrandir son sourire.

Je continuais de le scruter du fond de mon âme, sans ciller. On pourrait croire que je cherchais à le déstabiliser par ce simple contact visuel et pourtant, ce n'était pas du tout le cas. En fait, j'en avais strictement rien à faire. C'était simplement ma façon la plus naturelle du monde à regarder les autres.

« Ton égo est tellement surdimensionné qu’un beau jour, tu vas réaliser que t’es une merde, et tu vas exploser. » lança t-il dans un rire.

Personnellement, je pense qu'il existait pire que moi niveau ego. Moi j'aimais simplement rabaisser le monde en dessous de mes semelles.

- Libre à toi de l'espérer, répondis-je alors avec un petit rictus avant de m'adosser à la chaise pour me mettre à l'aise.

Je savais qu'il adorerait me voir sombrer au fond du gouffre. Mais je vais vous dire une chose, même si on m'arrachait tous les membres un par un et qu'on m'humiliait jusqu'à la moelle, qu'on m'écrasait par terre, je regarderais toujours le monde de haut et surtout, me ferait nullement atteindre, enfin moralement je parlais dans cet exemple précis ! Ma petite phrase fétiche ? "Un homme qui n'a rien ni personne à aimer est un homme qu'on ne peut faire plier". Il n'y avait rien sur cette planète qui soit en mesure de me soutirer les larmes si on venait à me l'enlever. Il n'y avait rien en ce monde dont on pouvait me priver à part la vie. Cela me rendait imbattable (mais pas immortel, je vous l'accorde !)

« Je te fuyais parce que je suis fou amoureux de toi, mais le destin en a décidé autrement, visiblement. »

Mon regard pivota vers la vitre juste à côté. J'aurais dû me douter qu'il me sortirait un truc dans le genre. Ce n'était pas parce qu'on changeait de ville qu'on changeait d'esprit. J'en étais la preuve incarnée. Que voulez-vous que je réponde à ça ? C'était une réplique de trop bas niveau pour moi.

« Tu te fais pas chier, à force ? Je veux dire, les autres sont des insectes, tout ça, c’est bien mignon, mais quel est l’intérêt de gouverner des insectes ? Si t’as personne qui est « digne » d’être ton égal, t’es tout seul, et tout seul, on s’emmerde. » ajouta t-il.

Ah ! C'est le moment où ce très cher James cherchait à entrer dans mon esprit pour le comprendre. Je lui souhaitais bien du courage. Je ne savais pas d'où lui venait ces intérêts pour me percer à jour. Cela ne l'aidera pas plus dans la vie non ? Cela n'arrangera en rien nos relations n'est-ce pas ? Moi aussi j'analysais les gens pour mieux les connaître, mais je l'avais toujours fait par moi même. Je ne posais jamais de questions. Je parvenais toujours à lever le voile sur mes interlocuteurs.

- Je ne gouverne pas les insectes, répondis-je alors pour lui faire plaisir et parce que visiblement, il n'avait encore rien comprit.

Peut-être qu'une métaphore aiderait ses trois neurones à se connecter.

- Quand tu tombes sur une fourmilière, n'espère pas l'avoir sous ton commandement. De toute façon, tu n'en tirerais rien. C'est plus amusant de les installer entre quatre vitre pour les observer, de les enfumer pour les voir s'agiter de panique et de faire tout ce qu'on a envie d'en faire.

Transférer cette métaphore sur le genre humain. Je suis un sadique et cela serait aussi votre conclusion. Je n'ajoutais rien de plus. Je n'aimais pas vraiment parler de moi, ni du fond de mes pensées. Cet indice ne pourra que le mettre sur la bonne voie, mais qu'il ne s'attende pas à ce que je lui offre une entrevue psychologique. Je me demande bien où il avait pu piocher son idée de gouverner. Les humains n'étaient que des jouets, des souffre-douleur pour moi, réduit à l'état larvaire par mon esprit, certes, mais bien plus intéressant à manier et à torturer que de vrais insectes.

« Ca ne fait pas longtemps que tu es arrivé, alors, je suppose. Papa et maman ne te manquent pas trop ? » poursuivit-il en gobant une pilule.

- Tu supposes bien, lui dis-je.

Mais je ne répondis pas à la suite. L'idée que quelqu'un puisse me manquer était difficilement concevable pour moi. Toute cette ignorance de sentiments et d'affections étaient qualifié d'anormale par autrui et c'était pour ça que je devais me payer une psy à la con jusqu'à l'université. Je savais que James aussi était un cas à part et c'était probablement le meilleur point commun qui ait fait en sorte à ce que l'on se tolère mutuellement. De plus, je n'avais en rien oublier ce qu'on avait pu accomplir ensemble jadis. Soudain, mon cerveau se crispe. Un cri, un pleur retentit dans le café. Un sale gosse était responsable de ce désastre sonore. J'avais tout simplement horreur des gosses qui piaillaient dans les lieux publics. C'était une violation de mes tympans pur et dur. Mon sourire s'effaça face à ce son strident et inhumain, tandis que je détournais à nouveau mes iris vers l'extérieur. J'avais la sensation que si j'entrais en contact visuel avec le coupable de ce carnage auditif, je lui arracherais la gorge sans outre mesure. James semblait de mon avis et je me forçais à me concentrer sur sa voix pour oublier l'alarme incendie humaine :

« Un génocide de moins de douze ans. C’est ça qu’on devrait faire, en prochaine étape. On les crame tous. Au moins tous ceux de Sacramento. Comme ça on sera capables de boire des cafés tranquillement. »

- Je suis ravi de constater que tu as toujours de bonnes idées.

Un génocide tout court pourrait être sympa aussi mais tuer tout le monde m’enlèverais ma pathétique distraction. Lorsque James posa son regard sur la mère et l'enfant, je me retins d'en faire autant, au risque que la femme se sente menacer de mon simple regard. C'était très tentant en fait, mais je laissais le soin à James de s'occuper de ce désagrément.

« Un petit sourire, ça te tuerait ? » me dit-il ensuite après avoir réglé le problème.

Je reposais mon regard vers lui.

- Le truc c'est que ça ne te tuerait pas toi alors je m'éviterais un effort inutile.

Avec moi, j'aime autant vous dire que vous ne risquez pas de vous sentir aimer, sauf si vous êtes une fille dans un plan drague. Là, je devenais une tout autre personne, j'enfile un masque infranchissable. Mais ce qu'il y avait de bien avec James, c'était que je pouvais être moi-même et l'avantage pour lui était que ça lui importait peu ! Reposant mon regard sur la poche où il avait sorti sa pilule il y a peu, je la désigna d'un petit signe de tête avant de lui demander :

- Toujours accro à ce que je vois.



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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Mer 10 Aoû - 14:48

La haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister.
We are each our own devil, and we make this world our hell.


Cette relation n’était définitivement pas saine du tout. Mais qu’est ce qu’on pouvait attendre de deux personnes qui se plaisaient à faire du mal aux autres ? On ne peut pas mettre deux animaux sauvages dans la même cage et espérer qu’ils ne se sautent pas à la gorge. Le point positif, c’est que Silver est presque mon égal, à ce niveau. Et qu’on le sait très bien tous les deux. Un monde sans l’autre perdrait forcément en amusement. Alors on grogne, sans attaquer, parce qu’on est assez intelligents pour savoir que ce serait une perte. « Libre à toi de l’espérer. » Oh mais je ne fais que ça. Jamais très sincèrement, bien entendu. Mais avouez que quelques larmes sur ce visage arrogant seraient magnifiques. Juste une ou deux. Ou mille. Et un énorme cocard. Un peu de vulnérabilité pour remplacer ce masque de froideur. Eh, on peut toujours rêver, ne jugez pas. « Je ne gouverne pas les insectes. » Ca aurait presque pu être vexant, de sentir dans sa voix qu’il me prenait pour le pire des abrutis, mais quand c’est Silver, c’est juste amusant. Ce type se croit tellement supérieur à tout le monde qu’on ne peut pas se vexer qu’il se comporte comme un parfait enfoiré avec vous. Et puis, au fond, je sais bien que si il me prenait autant pour un imbécile que le reste du monde, il n’aurait pas pris la peine de me répondre. On ne peut pas dire que ça risque de flatter mon égo, mais au moins, il ne fait pas l’erreur de m’ignorer.

« Quand tu tombes sur une fourmilière, n’espère pas l’avoir sous ton commandement. De toute façon, tu n’en tirerais rien. C’est plus amusant de les installer entre quatre vitres pour les observer, de les enfumer pour les voir s’agiter de panique, et de faire tout ce qu’on a envie de faire. » Un rictus amusé vient prendre place sur mes lèvres, pendant que mon regard parcoure la pièce. Alors tout ça, à ses yeux, c’est des insectes à torturer ? Je suppose que ce n’est pas si loin de la vérité que ça. Et puis, les fourmis, c’est très intelligent. Donc son raisonnement est même flatteur pour ces abrutis. « Ton manque d’implication est affligeant. » Quel est l’intérêt de regarder des gens souffrir, mis à part en retirer un minuscule plaisir temporaire ? Mieux vaut les utiliser à ses propres fins, le plaisir de les voir entrer dans son jeu et croire qu’ils sont différents des autres dure toute la vie. Enfin, jusqu’à ce qu’on se lasse, en tout cas. Mais quelque fois, certaines personnes sont plus douées que les autres pour nous divertir, et préférer les faire souffrir directement, c’est perdre cette occasion là. C’est probablement le problème de Silver. Puisqu’il ne fait aucun effort pour cacher le fait que ce soit le pire des enfoirés, il ne connaîtra jamais le sentiment de jouissance procuré par détruire la vie de quelqu’un qui a fait la bêtise de vous faire confiance, ou de vous considérer comme un ami. Qui ferait confiance à un type qui vous méprise d’office ? « Tu supposes bien. » Un « Fils indigne. » s’échappe de mes lèvres presque aussitôt, pendant que ma concentration est brusquée par des cris enfantins, et je m’empresse de m’occuper de la situation avant que mes nerfs ne soient trop gravement atteints. A la limite, pour les enfants, je peux comprendre le désir de juste les enfermer et les regarder s’étouffer. Ca doit faire un bien fou. « Je suis ravi de constater que tu as toujours de bonnes idées. » Bien entendu. Pas très réalisable sans finir en prison, pour de bon cette fois, mais très plaisant à imaginer, au moins.

« Le truc c’est que ça ne te tuerait pas toi alors je m’éviterais un effort inutile. » Ah, l’amour. « Méfie-toi, peut être que la surprise me tuerait sur le coup, j’ai le cœur fragile. » Je me relève, pour aller m’asseoir à côté de lui directement, histoire d’envahir son espace personnel, et viens tirer sur le coin de ses lèvres pour lui faire mimer un sourire. Oh, j’ai bien conscience qu’il ne va pas apprécier la démarche, mais l’énerver, ce serait amusant aussi, avouons le. D’ailleurs, tant qu’à me faire fusiller du regard ou m’en prendre une, je pose un rapide baiser sur ses lèvres. Et je ris. Parce que là, le monde entier doit avouer que c’est amusant. « Toujours accroc à ce que je vois. » En continuant de rire de ma bêtise, je sors une nouvelle pilule de ma poche pour la lui présenter. « Pas le moins du monde. Je préfère juste voir le monde un peu moins chiant qu’il n’est déjà. Tu devrais essayer, ça enlèverai peut être un minimum la ride qui commence à se former entre tes sourcils à force de faire la gueule. » Je ne comprends pas comment on peut vivre en voyant un monde sobre. Particulièrement quand on supporte aussi peu le reste des existences que nous. On se lasse beaucoup trop vite de tout, sobre. Je crois. Il me semble. Je ne me souviens plus vraiment. J’approche la pilule de sa bouche, comme si je ne l’avais pas assez cherché, et un « A moins que t’aies peur ? » bien immature ne sorte de mes lèvres. Oh, ne jugez pas, attaquer l’honneur des gens marche souvent. Ce serait drôle, de voir Silver dans un autre état que statue de glace. Surtout si ça le forçait à sourire un minimum. Et puis, voir les couleurs plus fortes, c’est quelque chose à faire, au moins une fois dans sa vie, non ? Allez. Prend-la. Elles ne sont même pas si fortes que ça, en plus. Juste assez pour le rendre un peu plus amusant qu’il n’est déjà. Ca, ce serait un très bon divertissement, presque équivalent à ce fameux génocide d’enfants.
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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Sam 13 Aoû - 17:56



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


Rien entre nous ne pouvait signaler autant de mépris. Et pourtant, il n'y avait aucune tension, aucune étincelle qui prédirait une explosion de haine et de violence. J'étais parfaitement détendu avec James. Et je sentais qu'il l'était tout autant avec moi. C'était, à mon sens, une relation qui ne devait pas exister à tous les coins de rue. Ma vie à Sacramento était bien monotone et avoir des regards haineux sur moi à chaque coin de rue ne me déplaisait pas. Ce n'est pas ce que j'aurais avec James par contre. Et pourtant à nouveau, je savais qu'il était quelqu'un qui briserait cette monotonie. Il avait généralement toujours des idées pour cela. Je n'aimais personne, ou presque, ou alors le terme d'aimer était mal appliqué. Je pouvais trouver un intérêt à des personnes, sans toutefois les aimer. J'appréciais être haï, c'était une caractéristique de ma part. Quand on était déjà détesté, on avait l'avantage d'avoir les points sur les i. On était ni surpris, ni déçu. Plus grand était la confiance, plus grande sera la trahison. C'était une règle essentielle. Avec James, cette règle ne s'appliquait pas de la même manière. Je connaissais le fourbe en lui et je traînais avec malgré tout. Chacun de nous savait de quoi l'autre était capable. Comme l'un ne pouvait pas s'amuser avec l'autre de ce fait, on n'avait pas trouver mieux que de faire la pair face à l'absurdité du monde.

« Ton manque d’implication est affligeant. » commenta t-il sur ma façon de voir le monde.

J'avais tenté de lui expliquer grossièrement le fond de mes pensées, en prenant les fourmis pour exemple. J'aurais pu prendre autre chose, mais j'ai pris la première qui m'avait pourfendit l'esprit. Les gens étaient un peu comme des fourmi effectivement. Tous à la queue leu leu, comme de parfait mouton. Cela dit, les fourmis n'étaient pas amusante à faire souffrir. Elles ne criaient même pas ! Pour ça que c'était plus sympa avec les gens...Je vous vois tout de suite venir en moi le gros sadique qui enlève les jeunes filles et les séquestres pour les violer et les entailler au couteau. Je vous rassure, je ne sors le couteau qu'en cas d'urgence ! La torture psychologique était bien plus attrayante. Bref, j'haussais les épaules à la remarque de James. Nous avions chacun une façon bien précise d'agir et j'étais parfaitement conscient que malgré notre tolérance commune, nous étions radicalement différent.

« Méfie-toi, peut être que la surprise me tuerait sur le coup, j’ai le cœur fragile. »

Dommage qu'il était aussi immature pour me sortir des débilités pareilles. Si on retirait ce genre de réflexion puéril je pense que sa compagnie serait un peu plus appréciable. C'est alors qu'il se lève pour venir prendre place à mes côtés. Je crois que le temps était venu pour moi de supporter la connerie humaine qui résidait éternellement en lui. Il n'y échappait pas hélas. Je pouvais ainsi constater qu'il n'avait pas changer d'un poils. Je savais parfaitement qu'il n'avait qu'une envie à ce moment là : me foutre les nerfs. Intérieurement, ça marchait assez bien étant donné que je n'appréciais guère cette proximité. Mais je ne sais pas pourquoi, j'avais la malheureuse sensation que ce n'était pas tout ce qu'il me réservait. Lui jetant un regard noir, je ne pouvais qu'attendre tristement la suite. Il préparait quelque chose, un sale coup de gosse étant donné que visiblement, s'en était un. Je sentais la blague venir rapidement et m'attendait dès lors à toute sortes de connerie potentielle pouvant surgir d'une boîte crânienne résonnante telle que la sienne. Je connaissais trop bien James. En plus, en venant se poser à de moi, il fallait être débile pour ne pas s'attendre à quelque chose. Malheureusement, il y avait si peu de remède contre la connerie, également bien peu de bouclier. Tout à coup, il me...Bref, vous avez lu le post précédent comme moi hein ! Et navré de briser le quatrième mur. Pour une fois, je n'avais pas dissimuler la surprise et le dégoût qui s'était emparé de moi. L'autre semblait ravi de son geste. Il se mit à rire comme un dépravé. J'essuyai ma bouche d'un revers de la manche. Je devrais probablement mettre le feu à ce haut une fois rentrer.

- Encore une preuve d'intelligence et de maturité...répondis-je d'un ton toujours aussi calme.

Pourquoi m'énerver après tout ? S'énerver, c'était donner raison à l'autre. Il n'y avait pas pire forme de mépris que l'indifférence. Je n'allais pas lui faire plaisir car c'était bien cela qu'il recherchait. Comment pouvait-on vivre avec autant de fardeaux égaux à la stupidité primaire qui menait les faibles à leur perte ? On ne pouvait qu'avoir un mental sérieusement déstabilisé pour parvenir à se hisser sur ses jambes en portant la honte et la bêtise du monde sur ses épaules. L’existence d'une telle créature était si déplorable qu'on devrait l'éliminer sur place pour soulager la planète de la souffrance de trop la porter. Je suppose que s'il était toujours là, c'était bien parce que les mauvaises herbes étaient toujours les plus tenaces.

« Pas le moins du monde. Je préfère juste voir le monde un peu moins chiant qu’il n’est déjà. Tu devrais essayer, ça enlèverai peut être un minimum la ride qui commence à se former entre tes sourcils à force de faire la gueule. » répondit ce bipède décérébré au sujet de sa drogue qui n'intéressait que lui.

- Et ça marche ? demandais-je alors.

Je ne comprenais pas trop son délire de voir le monde autrement. Le monde était ce qu'il était. C'était presque comme une fuite de vouloir faire en sorte de le percevoir différemment. Et puis, quand il s'agissait de faire les gens, c'était mieux fait lorsqu'on était pas sous cam.

« A moins que t’aies peur ? » ajouta t-il en approchant sa pilule de moi.

- Une autre fois peut-être, lui répondis-je.

J'étais loin d'être effrayé par ce genre de chose étant donné que j'y avais déjà touché. Cela dit, ça restait pour moi en de très rare occasion.

- Cela dit, tu peux toujours me la donner, je trouverais bien des preneurs à qui la refourguer.

C'était tellement mieux de vendre la drogue plutôt que de la consommer et voir ainsi les conséquences désastreuses qu'elle pouvait avoir sur la vie des gens qui se ruinait pour elle. En particulier quand je jouais mon parfait salaud en l'offrant aux plus jeunes encore en phase de découvrir le monde. Et là, les mamans étaient généralement contente d'enseigner à leurs enfants de ne pas accepter les bonbons des inconnus...

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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Sam 20 Aoû - 16:01

La haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister.
We are each our own devil, and we make this world our hell.


Le dégoût apparent de son expression pourrait presque être vexant, si ce n’avait pas été Silver. Il répond calmement, mais au fond, je suis persuadé que j’ai un minimum atteint les limites de sa patience. Ou peut être que je l’espère juste. Mais quand bien même ce ne serait pas le cas, le voir s’essuyer la bouche comme si il avait embrassé une limace gluante vaut tout l’or du monde. Je me demande pourquoi je n’ai pas fait ça avant, tiens. Ca me surprend moi-même. Parfois, je ne comprends même pas comment un type qui trouve les humains si répugnants peut avoir une vie sexuelle. Je suppose qu’on fait abstraction de ce qu’on veut quand on veut. L’instinct doit être plus fort que les idéaux, chez lui. Ou alors il passe trois heures sous la douche après à chaque fois. Ce serait drôle, ça. Triste, mais drôle. Plus drôle que triste, admettons.

« Et ça marche ? » Je suis coupé dans mes pensées par sa question, et ma voix s’élève presque aussitôt avec un fond d’irritation. « Bien sûr que ça marche, tu me prends pour qui ? » Non mais je vous jure. Oser questionner mes connaissances en drogue. J’ai craché sur des gens pour moins que ça. S’il y a bien une chose où personne ne peut me contredire, c’est bien ça. « Une autre fois peut être. » Sa question précédente ayant eu l’effet d’une douche glacée, je retourne à ma place en libérant son espace vital tout en gobant la pilule qui lui était destinée. Ca marche. Je le retiens celui là. Est-ce que ça marche. Je vais t’en enfoncer dans les yeux tu vas voir si ça marche. « Fais ce que tu veux. » Bon. On se calme. Il ne m’a pas insulté. Enfin si, mais le pire, c’est que ce n’était probablement même pas son but. Peut être que c’est encore plus agaçant, en même temps, ça voudrait dire que sa question est innocente. Non mais je vous jure. Il n’y a plus de respect. Nerveusement, j’allume une cigarette, avant d’entendre l’habituel « Vous ne pouvez pas fumer ici. » résonner, et me retiens d’éteindre ma cigarette sur le serveur pour l’écraser sur la table. Rester calme. Ce n’est pas un bon jour pour faire un aller-retour en prison, et notre conversation n’est pas assez avancée pour être mis dehors.

« Cela dit, tu peux toujours me la donner, je trouverais bien des gens à qui la refourguer. » Un rictus amusé m’arrache de mon élan de susceptibilité et je relève le regard sur Silver en tripotant les restes de ma cigarette. C’est vrai qu’on avait l’habitude de faire ça, aussi. Entraîner les autres dans ce cercle vicieux. Surtout les pauvres. C’est encore plus amusant quand ils sont pauvres, et qu’ils n’ont pas d’autres choix que de tout perdre pour pouvoir continuer ça. J’avais continué, à Sacramento. Il faut dire que quand on est président de la confrérie des fêtards du campus, ce n’est pas très difficile de trouver des clients, puisqu’ils viennent directement à vous. Mais il faut bien avouer que même si c’est amusant seul, c’est bien moins amusant qu’avec Silver. « Je peux t’arranger ça, si tu veux. C’est pas les désespérés qui manquent, ici. » Je repose mon regard sur la cigarette que j’ai fini par décomposer, et mordille la tasse désormais vide de café, seule rescapée du massacre de cette table. Je devrais peut être me décider à prendre ces médicaments pour l’hyperactivité, ça devient fatiguant de ne pas pouvoir discuter normalement. Je me relève, pour tourner la chaise de façon à ce que son dossier soit appuyé contre la table, et me rassoit dessus à califourchon pour pouvoir me balancer dessus un minimum et ainsi récupérer le fil de la conversation. « Je suis président des Party Hard, à Monroe, t’en entendras sûrement parler, du coup les gens viennent me demander d’eux-mêmes, alors la clientèle est assez régulière. Je peux te montrer les endroits de la ville où on peut vendre ça tranquille, et je suis sûr que tu sauras très bien te débrouiller pour tenter des gamins qui ont envie de faire les malins. Qu’est ce que t’en dis ? On recommence à ruiner la vie des gens qui le demandent ? » Comme au bon vieux temps. Silver n’est peut être pas quelqu’un que je considère comme un ami, mais j’ai conscience qu’il est bien plus amusant que la plupart des personnes que je connais. Alors l’idée de faire de Sacramento notre nouveau New York personnel est plus que tentante, soyons sincères.

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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Lun 29 Aoû - 23:19



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


Tout ce qu'il pouvait faire à agir comme un imbécile était de baisser dans mon estime, dans laquelle il occupait déjà une place privilégier. Je ne sais pas vous, moi je trouvais ça dommage de perdre un tel honneur. Je me doutais bien qu'il s'en foutait un peu, mais je savais bien ce qu'il pensait de moi et d'autrui et me doutait bien que s'il avait pu aller voir quelqu'un d'autre, il l'aurait fait. Mais il ne le faisait pas parce que tout comme moi, il trouvait un intérêt à me fréquenter. Encore une fois, je doutais sérieusement que l'on puisse parler d'amitié. Moi aussi je tentais bien que mal de trouver un minimum plaisant ce genre de compagnie. Mais il y avait des moments, comme juste à l'instant, qui avaient tendance à remettre en question cette décision. C'était quand même plus simple quand j'étais entouré de personnes voulant ma mort, par colère, pas par plaisir pur et simple. La haine des personnes attisait ma fierté, me donnait la victoire sur l'esprit humain. Quand quelqu'un était en colère contre moi, c'était que j'avais gagné, j'avais su le vaincre, celui qui ne s'en rendait pas compte. La fureur était une faiblesse, le contrôle était une force.

« Bien sûr que ça marche, tu me prends pour qui ? » répliqua t-il, étrangement frustré.

Devais-je vraiment répondre à cette question ? Vexé, j'ai l'impression, il retourne à sa place. Je le suis tranquillement du regard. Sa frustration me plaisait. Pour une fois, ce n'était même pas mon but en plus en lui posant cette question. Lui disant que je n'étais pas tenté par son déchet, James répondit alors que je faisais ce que je voulais. Evidemment ! Il ne manquait plus que le contraire tiens. J'esquissais un sourire devant la petite mine renfrognée qu'il affichait. Quand je pense qu'il se prenait la tête juste pour une banale question dont je me fichais carrément de la réponse en plus. Je me doutais bien que ça marchait, sinon il n'en prendrait pas. A moins d'être vraiment con. J'espère pour la planète entière qu'il n'avait pas atteint ce seuil là. Allumant une clope, probablement pour se relaxer avec ce qui venait vaguement d'arriver, il fut néanmoins forcer par un serveur de remettre à plus tard sa bouffée de nicotine. Voilà qui n'allait pas arranger son humeur. Heureusement que je le tolérais celui-là, sinon j'aurais pris un malin plaisir à l'enfoncer d'avantage. Sans plus d'idée apparente, je décide alors de retracer le bon vieux temps que j'avais passé avec lui jadis toujours en restant dans le thème de la drogue.

« Je peux t’arranger ça, si tu veux. C’est pas les désespérés qui manquent, ici. » répondit-il en reprenant du poils de la bête.

- Oh je n'en doute pas une seule seconde, fis-je alors, mi-las, mi-intéressé par l'idée.

La Terre entière était rempli de décérébrés nano-dimensionnel. J'observe alors les tics nerveux de James face à moi. Mais je connaissais déjà par coeur la bête qui ne tenait pas en place. En cela, il marquait à nouveau une grosse différence entre nous.

« Je suis président des Party Hard, à Monroe, t’en entendras sûrement parler, du coup les gens viennent me demander d’eux-mêmes, alors la clientèle est assez régulière. Je peux te montrer les endroits de la ville où on peut vendre ça tranquille, et je suis sûr que tu sauras très bien te débrouiller pour tenter des gamins qui ont envie de faire les malins. Qu’est ce que t’en dis ? On recommence à ruiner la vie des gens qui le demandent ? »

J'aurais dû m'attendre à ce qu'il me propose quelque chose dans ce genre là. Mais pour être franc, je ne pensais pas qu'il ferait à nouveau appel à ma complicité pour le faire. Je pensais qu'il avait su refaire sa vie de sorte à s'éclater tout seul dans son coin. Et puis, il m'apprend qu'il est chef dans la confrérie des tarés dans l'école où je vais passé le reste de mes études.

- J'en ai déjà entendu parler à vrai dire, répondis-je avec assurance.

J'ai déjà pu faire quelques pas dans cet établissement, et j'aimais toujours autant avoir un maximum de renseignement sur les lieux que je fréquentais. Je m'étais donc rapidement informé sur les confréries et autres détails de cette université de bas étage. Je pense que cette confrérie correspondait plutôt bien à James. Je commence à réfléchir à sa proposition. Sûr que je pourrais me débrouiller très bien à mettre la misère un peu partout là où je passais, et ce, sans en subir la moindre séquelle. Manipuler mon petit monde à moi quoi, tout ce que j'aime. James était à Sacramento depuis plus longtemps que moi, il a dû déjà faire pas mal de repérage. Ca me ferait gagner du temps et puis, j'étais assez curieux de voir s'il avait évolué dans ses habitudes ou non. Durant mon temps de réflexion, je scrutais la cigarette qu'il avait réduit en charpie sur la table, puis releva mon regard vers lui avant d'ajouter :

- Pourquoi pas. Maintenant que j'ai élu domicile dans cette ville, ce serait irrespectueux de ma part de ne pas m'en occuper...

En gros, partout où je passe, les autres trépassent.


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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Mer 26 Oct - 22:37

La haine, le dégoût d’exister, ce sont autant de manières de me faire exister.
We are each our own devil, and we make this world our hell.


Il m’écoute. Bien sûr qu’il m’écoute, à partir du moment où c’est pour faire chier son monde, il écoute. J’espère pour lui qu’il va mourir jeune, dans un sens. Voir que tout le monde est stupide, c’est une chose, mais ne pas cacher son mépris, c’est un drôle de choix. Peut être qu’il est bien tout seul, après tout. Meh. Ca doit être ennuyeux. Ca expliquerait le fait qu’il ait toujours l’air lassé, au moins, remarquez. Il doit s’ennuyer. Heureusement que je connais un passe-temps qui ne l’ennuierait pas tant que ça. Enfin, heureusement. Non d’ailleurs, qu’est ce que j’en ai à foutre, que ça le distraie ? S’il veut se complaire dans son mépris et son ennui, c’est son problème. S’il veut se distraire, autant qu’il me distraie en même temps. C’était toujours intéressant, de le voir tisser son fil autour d’abrutis qui se disaient qu’essayer la drogue n’était pas une mauvaise idée, jusqu’à ce qu’ils soient obligés de revenir. Une araignée. Silver est une araignée. Qui fait semblant d’être affreusement venimeuse alors que sa piqûre est simplement douloureuse, mais une araignée quand même.

« J’en ai déjà entendu parler, à vrai dire. » Bien sûr qu’il en avait entendu parler. Tout le monde en avait entendu parler. Il fallait être idiot pour ne pas en avoir entendu parler. Je suis son regard, et ma cigarette abandonnée m’arrache un petit soupir de dépit. J’ai envie de fumer. Je déteste les cafés, finalement. « Pourquoi pas. Maintenant que j’ai élu domicile dans cette ville, ce serait irrespectueux de ma part de ne pas m’en occuper. » Ses mots ont au moins l’avantage de me tirer un sourire amusé, et je sors mon portable de ma poche pour le lui tendre en venant récupérer un contact visuel avec ses yeux sombres. « Ton numéro, alors. J’ose espérer que tu passes pas ta vie au Starbucks, et je me taperai pas Sacramento en long, en large, et en travers pour te donner des indications. » Après tout, c’est logique. Et puis je ne vois pas pourquoi je devrais me déplacer, déjà. A part pour l’agacer, mais je suis persuadé que je peux le faire de loin, ça. « A part si tu loges dans la villa d’une confrérie, là ça devrait pas être compliqué. » Je récupère aussitôt un sourire moqueur. Une confrérie. Comme si Silver avait postulé à une confrérie. Pour être inclus dans une communauté. Avec des vrais gens. Qui parlent entre eux. L’idée m’amuse beaucoup, à vrai dire, aussi improbable soit-elle. Presque autant que l’idée qu’il puisse être amoureux, ou qu’il ait un jour été un gamin qui piaillait après sa mère. J’oublie parfois qu’il n’a pas toujours été figé dans son mépris de tout.

« Simple curiosité, t’as rencontré des gens que tu considérais, ici, ou pas encore ? Que je sache qui prévenir que t’es un gros con. » Je crois que la simple idée que Silver puisse avoir une vie sociale me dépasse, en fait. A la limite, une vie sexuelle, bon. Mais sociale. Non, je doute. Peut être juste d’autres gens qu’il supporte comme il me supporte moi. Peut être que le genre de relation qu’on a est ce qui se rapproche le plus d’une amitié pour lui. Et qu’il traite ses « amis » comme ça. Woh. Ca ne doit pas lui faire énormément d’amis, si c’est ça. « Ah, et te gêne pas devant les profs, pour la drogue, d’ailleurs. M’enfin, je me doute que tu comptais pas le faire, mais au cas où tu le saches pas, vu que c’est une université de merde, tu peux tout acheter. Ca aurait pas été la même ambiance à Harvard ou à Yale, donc bon. Conseil d’ami. » Décidément, je m’amuse tout seul, finalement. Conseil d’ami. Ha. Bon, l’inconvénient, c’est que mes réflexions ne font probablement rire que moi, mais après tout, j’ai juste besoin d’un auditeur, qu’il soit content de l’être ou non, ce n’est pas vraiment mon problème.
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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James) Ven 28 Oct - 23:25



La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister

James


Dans le fond, je n'étais pas trop mécontent de retrouver James. Je me serais bien évidemment passer de ses plaisanteries primitives mais je ne pouvais pas grand chose contre la nature débile des humains. J'espérais grandement que celle de James n'aille pas plus loin que ça. On pouvait être un parfait salaud digne de ce nom sans être dépourvu de santé mentale. J'appréciais, si je pouvais dire ça comme ça, le côté décalé et semblable au mien de ce mec et c'était probablement la seule chose qui me permettait de l'apprécier. Il va falloir par contre que je change ce terme. Il ne me plaît pas en fait. Trop fort je trouve. Même si je trouvais que James se trouvait dans une fraternité qui lui correspondait plutôt bien, je ne pouvais pas dire que l'idée de faire partie d'un groupe me fascinait. On ne pouvait pas vraiment dire que je cherchais les relations. Qu'est ce que j'en avais à faire de ces élèves qui se laissaient trier dans des confréries comme les ordures dans une benne de recyclage ? C'est alors que j'acceptais l'idée de James. Il fallait bien s'occuper dans cette ville de vermisseaux. Il étira un sourire amusé, je lui rendis un rictus narquois. Je pense que la ville ne sera pas sous sa meilleure étoile les jours à venir...

« Ton numéro, alors. J’ose espérer que tu passes pas ta vie au Starbucks, et je me taperai pas Sacramento en long, en large, et en travers pour te donner des indications. » répondit-il en me tendant son téléphone portable.

Fort bien. Je récupérais l'appareil pour enregistrer mon numéro, chose rapidement faite. J'haussais les épaules d'un air désinvolte à sa remarque alors qu'il ajouta :

« A part si tu loges dans la villa d’une confrérie, là ça devrait pas être compliqué. »

Une villa sur le campus ? Me croyait-il vraiment capable d'une telle chose ?

- La seule villa que je fréquente est celle que je me suis acheté sur Riverfront.

Moins je passais du temps au campus, mieux je m'en porterais. En plus, étant donné que je n'étais pas dans une confrérie, je ne risquais pas d'être logé parmi eux. James s'était amusé de cette remarque. Je me doutais bien pourquoi. Il savait que pour moi, fréquenter une communauté me répugnerait presque autant que de récurer les chiottes du bahut. Et lui ? Comment supportait-il les ignominies humaines avec qui il vivait ? Il était plus tolérant que moi à la vermine mais il ne me la ferait pas à moi. Je savais de quoi il était capable. Au fond, c'était aussi un monstre. Cette confrérie devait vraiment l'éclater pour qu'il y reste.

« Simple curiosité, t’as rencontré des gens que tu considérais, ici, ou pas encore ? Que je sache qui prévenir que t’es un gros con. »

Un lent nouveau rictus pernicieux s'empara de mon visage.

- Ne me casse pas mon délire, répondis-je froidement malgré l'esprit amusé qui avait fait surface en moi, les choses se savent tôt ou tard. Ce n'est pas bien de spoiler.

Je n'avais pas rencontrer énormément de monde encore, je l'avoue. Mais le peu connu ne savaient pas encore vraiment qui j'étais. Je songeais notamment à cette Mia rencontré en boîte de nuit qui ne voyait encore en moi qu'un parfait gentleman. Là était toute la subtilité de la chose. J'étais capable d'être salaud quand je le voulais. J'étais le parfait caméléon. Si l'envie de séduire une fille me viendrait à l'esprit, je n'aurais aucun mal à le faire, car je savais jouer avec elle, les manipuler à souhait, me faire passer pour ce que je n'étais pas, afin d'avoir accès à n'importe laquelle. Je changeais de masque à volonté, et même James n'avait pas encore vu le pire d'entre tous. Je savais parfaitement contrôler mes émotions, mon moi profond.

- Tu es ici depuis plus longtemps que moi, ajoutais-je, je suppose que tu as des relations qui savent déjà à quoi s'attendre avec toi ?

James cachait un peu moins son jeu. Il était plus...Direct. Il s'évertuait à être un parfait salaud et jamais je ne pourrais le lui reprocher. Mais pour moi, je trouvais ça moins drôle néanmoins. Moi j'aimais établir tout un scénario, visant à atteindre une fin tragique. Des plans, j'en avais toujours, enfin, ils se formaient tout seul la plupart du temps même si je devais reconnaître que par moments, je devais prendre plus de temps pour approfondir la majesté de mon sadisme. Bon, je peux reconnaître que parfois, je n'avais pas à réfléchir pour blesser les gens. Quand on me faisait chier, mes réactions étaient instantanées alors que je n'avais pas forcément un point de départ mauvais. Mais à ce moment là, c'était de la faute des autres.

« Ah, et te gêne pas devant les profs, pour la drogue, d’ailleurs. M’enfin, je me doute que tu comptais pas le faire, mais au cas où tu le saches pas, vu que c’est une université de merde, tu peux tout acheter. Ca aurait pas été la même ambiance à Harvard ou à Yale, donc bon. Conseil d’ami. »

J'haussais un sourcils.

- Cela ne me surprend absolument pas...
répondis-je.

Quoi que je ne me serais pas plus gêner à Harvard ou Oxford. Mais c'est bien pour cela que je n'y avais pas été accepter en fait. Peut-être que le bas niveau du personnel rendra néanmoins la vie universitaire plus divertissante. Je ne pouvais que l'espérer.


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MessageSujet: Re: La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James)

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La haine, le dégoût d'exister, ce sont autant de manières de me faire exister (James)
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